Retraites des fonctionnaires: l'Assemblée mobilisée contre "l'amendement Arthuis"
(Tahitipresse) - L'Assemblée de la Polynésie française a adopté à l'unanimité, vendredi matin, une résolution, proposée par le sénateur et président du Tahoeraa huiraatira Gaston Flosse, visant à demander aux présidents du Sénat et de l'Assemblée nationale d'intervenir, afin que soit rejeté l'amendement du sénateur Arthuis appelant à la suppression du régime d'indemnité temporaire de retraite pour les fonctionnaires.
En présence des représentants de l'intersyndicale des fonctionnaires d'Etat de la Polynésie française, l'Assemblée est donc devenue, le temps de l'examen de cette résolution, une tribune en faveur des retraités de la fonction publique, victimes, selon Gaston Flosse, de "remises en cause répétées - ndlr de leurs avantages - depuis quatre ans." Le sénateur a mis en garde contre une possible extension de ces remises en cause sur l'index correcteur que touchent tous les fonctionnaires installées en Polynésie française.
Un "danger" pour l'économie polynésienne
L'amendement déposé par le sénateur Jean Arthuis vise à plafonner l'indexation des pensions à 35% pour les personnes non nées sur les territoires concernés ou qui n'y étaient pas en poste cinq ans avant leur départ à la retraite, et à supprimer celle-ci pour tous ceux qui prendront leur retraite à compter du premier janvier 2008.
"C'est un véritable danger, car si cet index correcteur est remis en cause, ce sont 19 milliards Fcfp par an ( 158 millions d'euros) qui ne rentreront plus dans l'économie polynésienne", a déclaré en substance Gaston Flosse, pour qui "aucune étude sérieuse" ne montre la nécessité d'une telle réforme. "On met en avant l'existence de quelques dizaines de fraudeurs, mais ce n'est rien comparé aux fraudes au RMI en France," a-t-il ajouté.
G. Flosse soutenu par To tatou ai'a et l'UPLD
"Je partage totalement l'avis du sénateur", a déclaré Gaston Tong Sang au nom du groupe To tatou ai'a, qui a adressé jeudi un courrier au secrétaire d'Etat à l'Outre-mer pour "attirer de façon urgente son attention sur les graves conséquences que pourrait avoir l'adoption de l'amendement". L'ancien président a par ailleurs affirmé avoir défendu la cause des fonctionnaires lors de son dernier déplacement en métropole, début novembre.
"Gaston Tong Sang dit avoir défendu les fonctionnaires au cours de son déplacement, on se demande avec quels effets", a ironisé Raymond Van Bastolaer (UPLD), tandis que Jacky Bryant (UPLD également) a lui dénoncé l'"effet Kleenex" consécutif à la fin des essais nucléaires. Armelle Merceron (Tahoeraa) a quant à elle appelé à ne pas "lutter mollement contre ce genre d'initiatives, comme l'a fait Gaston Tong Sang".
Quant au président de la Polynésie française, Oscar Temaru, il a abondé dans le même sens que les représentants en donnant lecture d'une lettre de soutien à l'intersyndicale des fonctionnaires, en date du 8 novembre 2007, dans laquelle il les assure de son "soutien total" contre la "brutalité de l'action envisagée".
La proposition de résolution a finalement été adoptée par 56 voix sur 57, en raison de l'absence de l'hémicycle d'Hiro Tefaarere (To tatou ai'a). Un vote salué par Marc Ploton, secrétaire général de l'intersyndicale des fonctionnaires de Polynésie française, présent dans le public, qui a affirmé que les syndicats ne resteront pas "les bras croisés" sur ce dossier. La résolution a été transmise en urgence au Sénat, à Paris, qui doit examiner samedi cet amendement en séance plénière.
L'Assemblée de Polynésie française a par ailleurs adopté vendredi matin deux projets de délibération, l'un portant sur le "rattrapage du versement à effectuer au Fonds intercommunal de péréquation (FIP) au titre des recettes effectivement perçues en 2006". Les quarante-huit communes de Polynésie française disposeront donc de 900 millions Fcfp supplémentaires ( 7,5 millions d'euros). L'autre projet de délibération, adopté par l'UPLD et par To tatou ai'a, mais sur lequel le Tahoeraa s'est abstenu, portait sur l'augmentation du Fonds de stabilisation des prix des produits de première nécessité (FSPPN) et du Fonds de régulation des prix des hydrocarbures (FRPH) pour l'année 2007, en raison de l'augmentation du prix de la farine, du lait concentré non sucré, et de l'essence.