Rentrée sociale pour A Tia I Mua: le syndicat fait feu de tout bois
(Tahitipresse) - Pour cette rentrée, le syndicat A Tia I Mua, avec à sa tête Jean-Marie Yan Tu, fait feu de tout bois. Il a présenté, jeudi, ses principaux dossiers pour les mois à venir: le conflit entre les médecins libéraux et la Caisse de prévoyance Sociale (CPS) bien sûr, mais aussi le sort des agents contractuels de l'Éducation ainsi que ceux des salariés de la Banque de Tahiti. Son leader n'a; en outre; pas manqué de commenter la démission, la veille, du gouvernement Temaru.
La rentrée s'annonce chaude sur le plan social. Le conflit qui oppose le syndicat des médecins libéraux au conseil d'administration de la CPS au sujet de la convention qui lie les deux parties est l'un des dossiers qu'A Tia I Mua entend suivre de près. L'un des cadres du syndicat, Moana Tatarata, siège d'ailleurs en tant que vice-président dudit CA et s'est déjà opposé aux médecins.
Pour A Tia I Mua, les praticiens du privé ont des "exigences inacceptables" et voudraient une convention leur permettant de "fixer des prix libres" ainsi que la mise en place d'un tiers-payant dont bénéficieraient aussi les médecins non conventionnés. "Ils souhaitent une nouvelle convention, pour avoir de nouveaux avantages", estime ainsi Moana Tatarata avant de faire état des "déboires" que rencontre le secteur de l'assurance maladie.
La CPS a toutefois proposé aux médecins libéraux que les effets de la convention, en vigueur à l'heure actuelle, perdurent jusqu'au mois de mai en lieu et place de la date butoir du 23 février. D'ici là, les patients resteront donc couverts et les deux parties pourront négocier.
A Tia I Mua entend néanmoins suivre le dossier de près et "appelle" le prochain gouvernement à prendre ses responsabilités: "Si jamais il donne raison aux médecins, A Tia I Mua déposera un préavis de grève générale et nous allons bloquer la CPS", menace d'ores et déjà Jean-Marie Yan Tu.
Des contrats réduits de deux mois
Autre cheval de bataille du syndicat, la situation des "nombreux agents contractuels" embauchés pour faire face à la vacance de certains postes d'enseignants. Depuis la rentrée scolaire, ceux-ci ont été contraints de signer de nouveaux contrats d'une durée de 10 mois et non plus de 12. En outre, selon le syndicat, les agents ayant plus de six années d'ancienneté seraient "systématiquement écartés".
"Cela nous révolte que l'on réduise nos contrats de deux mois: ceux de décembre et juillet", explique Renata, l'un des professeurs contractuels présents, jeudi, aux côtés de Jean-Marie Yan Tu. "Ils ont changé nos contrats juste à cause de l'interprétation des textes que fait le secrétaire général du vice-rectorat. Mais ces textes sont flous", ajoute celle-ci qui, avec ses camarades, demande la mise en place, en Polynésie, d'un concours pour intégrer l'Éducation nationale.
Les étudiants polynésiens passant le CAPES (Certificat d'aptitude au professorat de l'enseignement du second degré), par exemple, sont aujourd'hui obligés de passer les épreuves écrites de nuit à Tahiti, puis les oraux, à leur frais, en métropole, pour un résultat incertain. "Où est l'égalité des chances?", s'offusquent les enseignants contractuels.
"Convergence": un projet qui inquiète
Dernière cible de A Tia I Mua: la direction de la Banque de Tahiti accusée de vouloir transférer son "back office", c'est-à-dire ses activités de gestion et de contrôle de ses établissements, à Paris. Le syndicat estime que ce projet émanant de la maison mère, la Caisse d'Épargne, et dénommé "Convergence", pourrait entraîner la suppression d'une soixantaine d'emplois et de surcroît inciter les autres "grosses entreprises" à faire de même.
"La Polynésie sera alors une coquille vide, c'est inadmissible", s'insurge Yann Gaudu, autre cadre du syndicat qui réclame l'adoption d'une "loi de Pays" pour empêcher ce type de projets. Le syndicat dénonce en outre les "menaces et les pressions" que subiraient les employés de la Banque de Tahiti.
Pour finir, Jean-Marie Yan Tu n'a pas manqué de commenter la démission en bloc du gouvernement Temaru, mercredi, qualifiée de "cinéma malhonnête". "La démission va engager des indemnités et il - ndlr: Oscar Temaru - va nommer un gouvernement avec ses copains (...) Je demande au président de ne pas nommer de ministres. Les services du territoire peuvent travailler seuls pendant dix jours", estime-t-il.
JBC
Je suis désolé de faire appel à vous, mais on m a dit que les bureaux de la CSTP-FO ont été perquisitionnés.
Il semble que ce soit lié à l'affaire Emile VERNAUDON dont le secrétaire général de FO a été l'attaché parlementaire et que les affaires de M. BRIGATO aient plus particulièrement été inspectées.