Il est intéressant de considérer les statistiques qui ont été publiées concernant les répercussions de la souffrance au travail. Les chiffres sont relativement imprécis, car les estimations sont des plus diverses, selon les méthodes de calcul ; ils restent cependant assez significatifs, même dans les cas les plus optimistes.
Voici quelques exemples, où nous privilégions les problèmes d’ordre psychologique :
- En Europe, le stress coûterait 20 milliards d’euros par an (plus de 50% des journées de travail perdues).
- En France, en l’an 2000, quelques 300 000 personnes auraient été touchées par des maladies consécutives au stress professionnel, le coût social s’élevant au minimum d’un milliard d’euros.
- Au Canada, la dépression entraîne une perte de productivité de 4,5 milliards dollars canadiens et 500.000 personnes sont absentes chaque semaine pour des problèmes de santé mentale liés au travail.
La première observation qui peut venir à l’esprit, c’est que ces statistiques chiffrent certes ce que la souffrance au travail peut coûter, mais on s’aperçoit vite que quand on pose la question de savoir à qui ça coûte, seuls les tiers sont pris en compte : l’entreprise, l’état, la société, les collectivités, la bourse, etc…
Ainsi, on oublie parfaitement de chiffrer ce que cette souffrance coûte au travailleur lui-même et d’en établir des données statistiques (probablement parce que cette souffrance est inchiffrable, comme tout ce qui peut toucher au domaine subjectif).
Ce coût se retrouve pourtant sur le plan financier, certes, mais aussi :
- au niveau des répercussions sur ce que le sujet ressent de son travail (dégoût, désinvestissement, dépression ou agressivité, etc.) et les réactions à son égard que cela peut entraîner dans l’entreprise : mise à l’écart, brimades, mobbing, licenciement, etc. ; sans oublier que de trouver un bouc émissaire, par nature différent et mis en marge du groupe, permet à ce groupe de se restructurer ; sans oublier non plus que la défaillance de l’un peut être une chance pour les autres et qu’il y a ainsi parfois peu à attendre de son environnement professionnel.
- dans les conséquences sur la vie privée : nervosité, dévalorisation de soi-même, à ses propres yeux et à ceux des proches, altérations de l’image donnée en exemple à ses propres enfants, désaffection avec toutes ses suites, ruptures de tous ordres, etc.
Il n’est pas utile de poursuivre plus loin cette énumération et nous laissons au lecteur de soin de meubler les nombreux « etc. » ici employés, quitte à se signaler en faisant part de ses expériences personnelles.
A l’inverse nous rappellerons simplement que, selon l’O.M.S., la satisfaction au travail peut se trouver à partir de :
- l’occasion de se réaliser personnellement avec le sens que chacun donne au travail ;
- les marques de la reconnaissance du travail accompli ;
- l’exercice de responsabilités et l’existence de possibilités d’avancement.
Mais le thème de la souffrance au travail est ainsi devenu presque tellement connu et banal, que cela devient difficile, voire lassant et inopportun, d’ajouter encore quelque chose à cette foison de considérations de tous ordres.
Néanmoins la réalité est belle et bien là, que cela nous dérange ou non… Qu’allons-nous en faire ?
Merci beaucoup pour ce message et, en effet... un de plus ! Ces articles ont joue leur rôle : nous sommes globalement bien informes sur cette realite qu'est la souffrance au travail et les desastres qu'elle entraîne... Il est temps me semble-t il d'accompagner l'info d'actions ! Nous savons tous que parler ne suffit pas : les actes sont necessaires lorsqu'on veut vraiment changer les choses... La souffrance au travail (et ailleurs) est produite par des humains et l'arrêt de cette souffrance ne peut être decidee par les humains eux-mêmes... Quelques actions sont menees mais elles ne sont pas assez nombreuses pour freiner cette nouvelle forme d'esclavage dictee par la deesse "economie" qui se nourrit essentiellement de "productivite" ! Tout comme au temps de l'esclavage il existe aujourd'hui ceux qui surveillent et qui "corrigent" les salaries qui ne produisent pas assez ! Que nous soyons conscients ou non, il n'en reste pas moins vrai que nous devrons, tout comme d'autres esclaves avant nous, nous REUNIR et nous SOLIDARISER pour qu'une forme de liberte de "bien-être" nous soit rendue ! Ceci signifie qu'il est grand temps que nous re-agissions avec courage et avec la force de tout ceux qui ne veulent plus que leur "vie professionnelle" soit source d'epuisement et de souffrance quotidienne... C'est tous ensemble que nous pouvons relever le defi !