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Actualité syndicale à l'attention des agents du CHPF Syndicat adhérent de A Tia I Mua - CFDT
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La souffrance au travail, mythe ou réalité (4)

La souffrance au travail, mythe ou réalité (4)

Posté le 22.02.2008 par terimanoteea
Le thème de la souffrance au travail est ainsi devenu presque tellement connu et banal, que cela devient difficile, voire lassant et inopportun, d'ajouter encore quelque chose à cette foison de considérations de tous ordres émanant de médecins, de psychologues, de sociologues, de statisticiens, de tous les intervenants possibles, coachs et conseils en entreprise, syndicats, travailleurs eux-mêmes, etc.

Nous avons cependant été incités à reprendre ce thème grâce à (ou à cause de...) la conjonction récente de deux choses :

les médias ont fait part de la survenue de plusieurs suicides sur les lieux du travail, suicides qui paraissent plus précisément liés aux conditions d'exercice de ce dernier ;

la parution d'un ouvrage sur le «burn out» que sa cosignataire a bien voulu nous adresser avec dédicace (Vaincre l'épuisement professionnel - Suzanne Peters et Dr. Patrick Mesters - Robert Laffont 2007), ouvrage auquel nous ferons quelques emprunts, de même que, entre autres, à un article de Gilles Bibeau, professeur d'anthropologie à l'Université de Montréal (Revue Santé mentale au Québec 1985).

Cela nous donne aussi l'occasion de poursuivre ce que nous avions écrit du stress il y a quelques années.

Il faut en effet refuser cette banalité dont nous parlions et qui semble avoir recouvert le sujet ici abordé (on peut jouer sur le mot ?!), comme si ce sujet était «épuisé» (on peut aussi l'entendre comme on veut !).

Il faut continuer à dire, dire, et redire ce qui a déjà été dit, de telle manière que cette répétition par elle-même ne permette à personne de s'endormir (et l'effet soporifique en est pourtant un risque possible !).

En effet, cette banalité ne peut en aucun cas s'étendre à ces accidents dramatiques dont nous parlions et qui viennent émailler, de plus en plus souvent, semble-t-il, l'histoire des entreprises. Car, qu'on le veuille ou non, et d'une manière plus générale, ces dernières ont à intégrer dans leur «vie», en tant que personnalités «morales», pourrait-on dire, et comme c'est le cas pour tout un chacun, les événements, positifs ou négatifs, qui ont forgé ce qu'elles sont, voire ce qu'elles deviendront. Ainsi, pour se situer du côté négatif, tout ce qui peut être considéré comme marque de dysfonctionnement ne peut s'effacer d'un coup de gomme et garde trace dans la mémoire, non seulement de ceux qui ont travaillé ou travaillent encore dans l'entreprise concernée, mais aussi dans l'esprit de tout homme sensibilisé au sens de ce que peut vouloir dire ce dysfonctionnement.

Pour en revenir aux accidents dont nous parlions, entre autres, on peut assister à plusieurs ordres de commentaires et de réactions :

on peut affirmer qu'il n'y a rien de nouveau sous le soleil, que cela a toujours existé et qu'on ne le sait aujourd'hui que grâce au développement considérable des moyens de communication dans le temps et l'espace (certes, on a pu ne pas toujours être prévenu de suicides chez les galériens ou condamnés aux travaux forcés !) ;

il est aussi tentant d'en rejeter la responsabilité sur le sujet lui-même, en invoquant une fragilité particulière, une prédisposition, des complexes (par exemple, le perfectionnisme prédisposerait à l'épuisement), etc., en arguant aussi du fait qu'il ne s'agit que de cas très particuliers, qu'il ne faut rien généraliser, et qu'on ne peut accuser les conditions de travail puisque d'autres, dans des circonstances identiques, ne sont pas «touchés» ;

on peut à la limite, et du bout des lèvres, reconnaître qu'une certaine «pression», comme on dit, nécessitée par la conjoncture et la guerre économique, a pu s'exercer, et cela s'accompagne parfois de ce petit brin de condescendance méprisante vis à vis la «faiblesse» de ceux qui n'ont pu y résister (comme on dit que la seule raison de l'échec, c'est qu'on est "pas bon");

de toute façon, l'épuisement des ressources humaines serait un phénomène inéluctable qui fait partie des risques assurés par l'entreprise (assumés ?)...

on peut enfin aussi chercher hors de cette dernière la cause réelle de ces réactions catastrophiques, et invoquer des problèmes tout à fait étrangers aux conditions de travail même s'ils paraissent se développer sur les lieux d'exercice de la profession.

Il va sans dire que si ces réactions peuvent parfois être recevables, il ne faut tomber ni dans un recours aux «prétexte», ni dans une fuite devant une réalité qui nous dérange.



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