Tandis que Mme Boquet, haut commissaire de la République tend son stylo au syndicaliste Ronald Terorotua (de dos), le président de la Polynésie française signe le protocole d'accord qui met fin à la grève générale, sous les yeux de trois de ses ministres, Pierre Frébault (debout), Emile Vernaudon et Emile Vanfasse (à sa gauche), de Christian Vernaudon (chemise blanche à gauche) et de Temauri Foster, représentant à l'assemblée (non inscrit) et maire de Hao.
Politique : 04/12/2005 à 06:17
Fin de la grève générale anti "Solidarité": un protocole d'accord signé au haut commissariat
(Tahitipresse) - Samedi soir vers 20 heures, les syndicats qui avaient déclenché une "grève générale" et des barrages à l'entrée ouest de Papeete pour s'opposer au projet "Te Autaeaeraa" (La Solidarité) du gouvernement de Polynésie française ont signé un protocole d'accord avec celui-ci, sous l'égide du haut commissaire. Le projet est maintenu mais l'augmentation de la contribution de solidarité territoriale (CST) sur les "revenus du travail" est suspendue pour 2006. La grève et les barrages ont été aussitôt levés.
Les membres de l'intersyndicale protestataire et le gouvernement ont convenu de se retrouver dès lundi pour trouver une solution au financement du projet du gouvernement, en compagnie des partenaires sociaux qui avaient déjà signé l'accord avec le gouvernement, en particulier le syndicat de salariés USATP-FO et dix des douze organisations patronales. Les autres organisations patronales, qui ne participaient pas à cette réunion de conciliation organisée dimanche soir par le haut commissaire de la République, Mme Anne Boquet, seront également invitées à participer.
La principale pierre d'achoppement du projet Autaeaeraa, l'augmentation de la contribution de solidarité territoriale, qui avait provoqué le mécontentement des fonctionnaires d'Etat, a été écartée par l'article premier du protocole d'accord, qui précise: "Le gouvernement s'engage à surseoir à l'augmentation de la CST sur les revenus du travail (salaires, retraites, revenus des travailleurs indépendants) pour l'exercice 2006".
Néanmoins le principe de l'augmentation de la CST est maintenu, l'article 2 du protocole d'accord précisant: "Les parties conviennent que la CST est une des sources de financement du projet Te Autaeaeraa à compter de l'année 2007".
Un milliard 700 millions à trouver pour 2006
Christian Vernaudon, que l'on considère généralement comme l'architecte de ce projet "Solidarité", nous a précisé par la suite qu'il avait déjà travaillé à la recherche d'une solution pour remplacer les fonds qui ne pourront plus être collectés à travers l'augmentation de la CST (environ 1,7 milliard de francs CFP), et qu'une alternative serait exposée dès lundi aux partenaires sociaux, "et devrait leur convenir".
Le PDG d'Air Tahiti, très malmené les jours précédents par les syndicats contestataires et l'opposition politique, ne cachait pas sa satisfaction de constater que "les principes fondamentaux du projet Te Autaeaeraa sont actés" et qu'une solution a été trouvée pour y faire adhérer les organisations salariales qui le refusaient: "Il n'était pas sain que des composantes importantes du monde du travail soient en dehors de cet accord."
"Mme Boquet a su réconcilier tout le monde"
Enfin, le protocole d'accord précise que "pour les exercices 2006 et 2007, les prestations familiales resteront gérées au travers des régimes existants", et que l'augmentation de salaire de 6000 francs CFP "pour chaque salarié de droit privé" est maintenue.
A l'issue de la signature de cet accord, qui est intervenu assez rapidement, après environ une heure de discussion que le haut commissaire devait par la suite qualifier de "très sereine", Oscar Temaru a tenu à "remercier Mme Boquet et chaque responsable syndical", visiblement soulagé qu'un accord ait été trouvé: "La paix est revenue, nous pouvons retourner au travail en toute sérénité, sachant que cette future loi de pays sera effective pour tout le monde", a précisé le président du gouvernement.
Au nom de l'intersyndicale, et surtout des salariés de l'Etat, qui étaient les plus opposés à l'augmentation de la CST, le secrétaire général du syndicat des instituteurs (STIP), Marc Ploton, également remercié Mme Boquet "qui a su réconcilier tout le monde" ajoutant: "Nous voulons travailler à la construction de notre beau pays".
De son côté, le secrétaire général du syndicat O oe to oe Rima, qui fut un des adversaires les plus acharnés du projet du gouvernement (bien que son syndicat soit membre de la coalition qui soutient le gouvernement Temaru), s'est déclaré satisfait de cet accord: "Nous n'avons pas changé d'un iota, la CST est repoussée et la CPS sera gérée en père de famille."
"Respect du statut d'autonomie".
Quant à Mme Anne Boquet, malgré les hommages qui lui ont été rendus par tous les partenaires sociaux polynésiens, elle s'est efforcée de rester la plus discrète possible, se contentant de déclarer en aparté à des journalistes qui lui demandaient le "secret" de cette médiation réussie: "Il faut écouter et faire confiance au dialogue, dans le calme et la sérénité." La représentante de l'Etat a également rappelé qu'elle n'a pas voulu intervenir directement dans ce conflit par souci du "respect du statut d'autonomie".
Après avoir rencontré le président Temaru et reçu les représentants l'intersyndicale dans la matinée, Mme Boquet, avait de toute façon clairement défini les limites de son intervention: "L'Etat jouera son rôle de médiateur dans ce conflit mais ne se substituera en aucun cas au contribuable polynésien".
LB
Au début de la réunion de conciliation, beaucoup de visages étaient tendus, pour ne pas dire fermés. La presse invitée à réaliser des images avant que la négociation ne commence, ne s'attendait pas à ce qu'un accord signé une heure plus tard mette fin à la grève générale.
Oscar Temaru Remercie tous les participants à cette réunion de conciliation qui a mis fin à la grève générale. On reconnait à droite Emile Vernaudon, maire de Mahina, ministre des postes et des sports, et à gauche (chemise blanche), Christian Vernaudon, PDG de la compagnie aérienne Air Tahiti et généralement considéré comme l'architecte du projet "Te Autaeaeraa".
Ronald Terorotua, syndicaliste très en pointe dans la fronde contre le projet "Te Autaeaeraa", signe le protocole mettant fin à la grève générale, sous les yeux de Mme Anne Boquet, haut commissaire de la République en Polynésie française et de son secrétaire général M. Michaut.
Trois représentants syndicaux, Cyril Legayic pour la CSIP, Lucie Tiffenat pour Otahi, et Jean-Marie Yan Tu pour A Tia i Mua, signent le protocole d'accord.